En bref : en darija marocaine, « ma mère » se dit mmi et « mon père » bba ; les formes plus respectueuses sont l-walida et l-walid. « Mon frère » se dit khoya, « ma sœur » khti, « mon fils » weldi, « ma fille » benti, « mon mari » rajli et « ma femme » mrati. Pour les oncles et tantes, tout dépend du côté de la famille : 3emmi et 3emmti du côté du père, khali et khalti du côté de la mère.

Au Maroc, la famille arrive très vite dans la conversation. Après salam et labas, on vous demande des nouvelles de vos parents, de vos enfants, si vous êtes marié. Et si vous avez un conjoint marocain, vous entendrez ces mots à chaque repas de famille. Petit clin d'œil pour les francophones : « la famille » se dit souvent l-famila, un mot que vous reconnaîtrez tout de suite. Voici l'essentiel, la petite règle de grammaire qui fait tout fonctionner et des dialogues à réutiliser tels quels.

La famille proche

À savoir d'abord : les Marocains ne disent presque jamais « mère », « père », « frère » ou « sœur » tout seuls. Ils disent « ma mère », « ton frère », « sa sœur ». Les formes dont vous aurez le plus besoin sont donc celles qui contiennent déjà le « mon / ma ».

Français Darija Écriture arabe
Ma mère mmi مي
Mon père bba بّا
Ma mère (respectueux) l-walida الوالدة
Mon père (respectueux) l-walid الوالد
Les parents l-walidin الوالدين
Mon frère khoya خويا
Ma sœur khti ختي
Frères, frères et sœurs l-khout الخوت
Sœurs khwatat خواتات
Mon fils weldi ولدي
Ma fille benti بنتي
Les enfants, les gamins drari دراري
Les enfants, les fils l-wlad الولاد
La famille l-famila الفاميلة

L-walida et l-walid veulent dire littéralement « la mère » et « le père », mais selon le contexte ils signifient « ma mère » ou « ta mère », avec une nuance plus chaleureuse et plus polie que mmi et bba. Beaucoup d'adultes les emploient pour parler de leurs parents : l-walida dyali (« ma mère »), kif dayra l-walida? (« comment va ta mère ? »).

Drari, c'est le mot de tous les jours pour « les enfants ». Entre amis, on l'entend aussi un peu comme « les gars ». L-wlad veut dire « les garçons » ou « les fils », et aussi « les enfants » en général : wladi, « mes enfants ».

Mari, femme et mariage

Français Darija Écriture arabe
Mon mari rajli راجلي
Ma femme mrati مراتي
Marié mzewwej مزوج
Mariée mzewwja مزوجة
Pas encore mazal مازال

Rajel veut dire « homme » et mra « femme » : rajli est littéralement « mon homme » et mrati « ma femme ». C'est tout simplement la façon normale de dire « mon mari » et « ma femme », sans rien de trop familier.

Pour demander à un homme s'il est marié : wach nta mzewwej? À une femme : wach nti mzewwja? La façon polie de répondre non, c'est mazal (« pas encore »), qui garde la réponse légère.

Grands-parents, oncles, tantes et cousins

Comme les autres formes d'arabe, la darija distingue deux séries d'oncles et de tantes : les frères et sœurs du père, et ceux de la mère. Là où le français dit simplement « oncle », la darija précise le côté.

Français Darija Écriture arabe
Mon grand-père jeddi جدي
Ma grand-mère jeddti جدتي
Mon oncle (frère du père) 3emmi عمي
Ma tante (sœur du père) 3emmti عمتي
Mon oncle (frère de la mère) khali خالي
Ma tante (sœur de la mère) khalti خالتي

Il n'y a pas de mot unique pour « cousin ». On dit « fils de mon oncle », « fille de ma tante », et le mot indique tout de suite de quel côté est le cousin :

  • weld 3emmi : mon cousin (fils du frère de mon père)
  • bent 3emmi : ma cousine (fille du frère de mon père)
  • weld khalti : mon cousin (fils de la sœur de ma mère)
  • bent khali : ma cousine (fille du frère de ma mère)

Tous les autres se construisent de la même façon : weld ou bent + 3emmi, 3emmti, khali ou khalti.

Belle-famille et famille recomposée

Français Darija Écriture arabe
Un parent par alliance (beau-frère, gendre) nsib نسيب
La belle-famille n-nsab النساب
Beau-fils (fils du conjoint) rbib ربيب
Belle-fille (fille du conjoint) rbiba ربيبة

Nsibi (« mon parent par alliance ») s'emploie pour un beau-frère ou un gendre, et n-nsab, c'est toute la famille dans laquelle on est entré par le mariage.

Comment s'adresser à ses beaux-parents, c'est une autre question. Les habitudes varient beaucoup d'une famille à l'autre : certains utilisent les mêmes mots que pour leurs propres parents, d'autres des titres respectueux. Si votre conjoint est marocain, demandez-lui ce qu'on dit chez lui et faites pareil. Votre belle-famille remarquera l'effort bien plus que les petites erreurs.

Ajouter « mon », « ton », « son » : les terminaisons possessives

Les mots de la famille prennent les mêmes terminaisons que les autres noms. Voici weld (fils) comme modèle :

Darija Sens
mon weldi mon fils
ton weldek ton fils
son (à lui) weldo son fils (à lui)
son (à elle) weldha son fils (à elle)
notre weldna notre fils
votre weldkom votre fils
leur weldhom leur fils

Khoya (mon frère) se termine par une voyelle, donc les terminaisons sont un peu plus courtes : khoya, khok (ton frère), khoh (son frère, à lui), khoha (son frère, à elle), khona (notre frère).

Pour une expression plus longue, dyal (« de ») fait le même travail : l-famila dyali (« ma famille »), d-dar dyal khalti (« la maison de ma tante »).

Courts dialogues

Rencontrer la famille de quelqu'un

Votre ami : Hada khoya, o hadi l-walida. (Voici mon frère, et voici ma mère.)

Vous : Salam, mtcharfin. (Bonjour, enchanté.)

La mère : Mtcharfin, merhba bik. (Enchantée, bienvenue.)

Parler de ses frères et sœurs

A : Ch7al d l-khout 3endek? (Combien de frères et sœurs as-tu ?)

B : 3endi tlata d l-khout: jouj d l-wlad o bent. (J'ai trois frères et sœurs : deux garçons et une fille.)

Mariée, avec des enfants

A : Wach nti mzewwja? (Tu es mariée ?)

B : Iyeh, l-7amdoulillah. 3endi jouj drari: weld o bent. (Oui, Dieu merci. J'ai deux enfants : un garçon et une fille.)

A : Llah y7fedhom. (Que Dieu les protège.)

Prendre des nouvelles des parents

A : Kif dayrin l-walidin? (Comment vont tes parents ?)

B : Labas, l-7amdoulillah. (Bien, Dieu merci.)

Une bénédiction familiale que vous entendrez tous les jours

Llah yr7em l-walidin (الله يرحم الوالدين) signifie « que Dieu fasse miséricorde à (tes) parents ». Les Marocains l'utilisent pour demander gentiment un service ou pour remercier : 3afak, Llah yr7em l-walidin… sonne comme un « s'il te plaît, tu me rendrais vraiment service » très chaleureux. C'est l'un des signes les plus nets de la place des parents dans la langue de tous les jours. Pour les autres petits mots polis, voir merci, s'il vous plaît, oui et non en darija.

Petits conseils pour parler famille

  • Répondez par une bénédiction. Quand quelqu'un parle de ses enfants, Llah y7fedhom (« que Dieu les protège ») est la réponse naturelle.
  • Restez positif. Comme pour les salutations, on attend une réponse courte et chaleureuse. Les questions sur la famille arrivent juste après salam et labas : voir les salutations en darija marocaine.
  • Attendez-vous à une invitation. Parler famille finit souvent par un thé à la maison. Notre guide du thé à la menthe marocain explique la suite.
  • Les chiffres aident. « Deux enfants », « trois sœurs » : on compte dans toute conversation sur la famille. Révisez-les avec les chiffres en darija.

Petit exercice

Dites chaque réponse à voix haute avant de vérifier.

  1. Présentez votre sœur : « Voici ma sœur. »
  2. Demandez à un homme : « Tu es marié ? »
  3. Le frère de votre mère, c'est votre… ?
  4. Quelqu'un vous parle de son nouveau bébé. Que dites-vous ?

Réponses : 1. hadi khti. 2. wach nta mzewwej? 3. khali. 4. Llah y7fedo (pour un enfant ; y7fedhom pour plusieurs).

Et maintenant ?

Les mots de la famille sont faciles à retenir mais pas toujours à prononcer : 3emmi, jeddti et Llah yr7em contiennent des sons qui n'existent pas en français. Si vous voulez apprendre la darija marocaine pas à pas en vidéo (en anglais), le cours travaille ces sons et les phrases qu'il faut pour parler des gens de votre vie.

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Sources et lectures complémentaires